Publié par Fabrice Jobard

La réforme territoriale, enfin dévoilée aujourd'hui par le Président de la République, a pour grande ambition de « simplifier le mille-feuilles administratif ».

Désormais chacun restera dans les clous  de ses compétences obligatoires.

Oubliée la « compétence générale ». Plus question de papillonner de-ci, de-là, en faisant un peu de culture, un peu de tourisme, voire un peu de développement économique, lorsqu'on est par exemple un Département.

Au nom de l'efficacité financière et administrative, on s'apprête, en fait, à tuer un mythe : celui de la toute puissance des collectivités sur leur territoire.

Prenez les bulletins territoriaux. Candide, débarquant d'ailleurs, aurait bien du mal à déterminer les compétences de chaque collectivité.

Pire encore, il attribuerait à chacune des compétences qu'elles n'ont pas, mais qui sont tellement plus « sexy » que les missions dévolues par les lois de décentralisation.

Le dernier opus de notre magazine départemental consacrait ainsi plus de 4 pages au sport (12,5% de la pagination) et 6 à la promotion économique (18 ,75% de la pagination), alors que ces domaines  relèvent des compétences facultatives... et qu'ils représentent  respectivement 1 et 3 % du budget du Conseil Général. L'action sociale (50 % du budget) n'a, par contre, bénéficié dans ce même numéro que de 2 pages (soit moins de 7 % de la pagination du journal).

Si la réforme aboutit, le rôle des directions de la communication risque d'évoluer. Finie l'époque où, à coup de campagnes agressives et d'événements flamboyants, on tâchait d'accréditer l'idée de l'omnipotence des collectivités.

Désormais, il faudra se contenter de faire savoir ce que l'on fait, indiquer comment on le fait et pour qui on le fait.

Ce « retour » à une communication humble et bornée sera peut-être éprouvante pour certains dircoms habitués à plus de panache... mais ce sera le prix à payer pour participer à la construction du paysage territorial de demain.

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