Publié par Fabrice Jobard

 

Bellini1.jpgCette semaine, nous poursuivons notre parcours des personnalités incontournables du Protocole "à la Française" par un entretien avec Laurent Bellini. Ancien responsable du protocole du Ministère Français des anciens combattants, il a travaillé pour la mairie de Paris et a créé une agence spécialisée dans la communication protocolaire. Aujourd'hui, il est le responsable du Protocole de la Préfecture de Paris.

 

This week, we continue our discussions with leading figures in the "Protocole à la Française", with an interview of Laurent Bellini. He was protocol and public relations officer of the Veterans Ministry and has created a public relations agency specialized in protocol matters. Now, he is in charge of the protocol of the prefecture of Paris.

 

Quel est votre parcours professionnel ?
C’est un parcours à la fois atypique et cohérent. J’ai débuté au ministère des anciens combattants en 1993, d’abord en tant qu’adjoint au chef du protocole, puis fin 1994 en tant que chef du service du protocole. J’y suis resté dix ans et ai souhaité voir autre chose. C’est à cette période que j’ai rejoint la mairie de Paris en qualité de chargé de mission pour l’organisation des grands événements de la ville… Un titre un peu long mais qui précisait bien ma tâche. Il s’agissait essentiellement de restructurer l’organisation de deux événements majeurs : le feu d’artifice du 14 juillet et la libération de Paris. La mission terminée, je suis passé du « côté obscur » en intégrant le secteur privé sur un poste en cabinet de conseil en communication qui m’a très vite conduit à l’événementiel : je n’étais plus un prescripteur mais celui qui répondait aux appels d’offres. Des rencontres m’ont convaincu de créer ma propre agence.
Pourquoi avez vous créé l'agence Cape Cod" ? Quelles sont ses principales activités ?
La création de Cape Cod Conseils était un peu un défi que je me lançais et une façon de répondre à des demandes très spécifiques : mon passé protocolaire devait absolument me servir comme « marque de fabrique ». Il était pour moi important de faire du véritable sur-mesure, de la haute couture… plutôt que du travail à la chaine. L’agence orientait ses activités autour de deux axes principaux : l’organisation d’événements et la formation sur toutes les questions relevant du protocole. Au fil des années, avec la crise, l’aspect événementiel a diminué au profit des actions de formation que j’ai développées sur plusieurs thèmes (les délégations étrangères, l’enjeu stratégique et sociologique des cérémonies publiques, l’audit sur des services du protocole…). Parallèlement, le ministère de la défense et des anciens combattants m’a rappelé en 2009 et proposé que je reprenne mon ancien poste. Je l’ai accepté pour rejoindre deux ans plus tard (en octobre 2011) la préfecture de la région Ile de France, préfecture de Paris où je dirige, au sein du cabinet du préfet, le service du protocole, de l’accueil et de la sécurité.
Bellini2.jpgQuel public accueillez vous dans vos formations ?
Le public accueilli dans les formations est finalement assez varié : des personnels de préfectures, des agents des collectivités locales et de chambres consulaires, des personnels de fédérations sportives nationales, des régisseurs, mais aussi depuis quelques temps des employés de grandes entreprises privées ou publiques qui ont besoin de maitriser les règles protocolaires de base. Les niveaux des « stagiaires » sont là aussi très différents : on y retrouve le chef de service, l’agent ou le directeur. Ils sont la plupart du temps issus des services du cabinet, de la communication, des relations publiques, des relations internationales, des fêtes et cérémonies….
Quelles sont vos méthodes d'enseignement ?

 il y a forcément une partie théorique qu’on ne peut absolument négliger car elle est la base fondamentale. Pour la « faire passer », je la nourris de nombreuses anecdotes qui expliquent la mise en pratique (ou pas) de la dite théorie ! Je consacre aussi une partie de la formation aux exercices pratiques, aux mises en situation. Je fais parler les stagiaires de leur expérience, de leurs difficultés et succès : ils sont souvent rassurés de constater que nous sommes finalement tous logés à la même enseigne !

 Intervenez vous à l'étranger ?

Je n’ai jamais eu l’occasion d’intervenir à l’Etranger, mais mes différents postes m’ont permis de beaucoup travailler avec les ambassades étrangères à Paris. Je conserve de magnifiques souvenirs de coopération et d’échanges fructueux avec l’Ambassade des Etats Unis pour une visite du vice-président Al GORE en 1995 et l’Ambassade de Grande Bretagne pour la venue de la Reine en 1998. Je m’en voudrais de ne pas citer également l’Ambassade d’Australie dont beaucoup de diplomates avec lesquels j’ai eu la chance de travailler sont devenus des amis. 
 D'après vous, la France a-t-elle toujours une bonne image en matière d'usages et de protocole ?

Même si les usages et le protocole peuvent paraitre désuet à de nombreuses personnes, cette maitrise toute française conserve une très bonne image à l’Etranger. Bien que nous allions vers une simplification ou un allègement de certains usages, nous continuons de pratique un « art de la réception » à la française et qui constitue une grande partie de notre renommée. Cette french touch, mes collègues et amis du Quai d’Orsay la mettent en pratique régulièrement lors des visites étrangères en France. Ils savent mieux que quiconque combien l’attention que nous portons à toute l’organisation d’une visite d’Etat constitue une grande partie de la réussite de cette visite.

 Et puis n’oublions pas que sans le protocole et l’ordonnancement qui en découle, notre République risquerait de sombrer bien vite dans un grand désordre !


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