Publié par Fabrice Jobard

La (pré) crise de la grippe A est révélatrice des limites de la communication territoriale, que tels des autruches, les dircoms et leurs élus préfèrent en temps « calmes » ne pas voir.

La période fait ainsi éclater le mythe de la toute puissance des collectivités sur leur territoire.  Prenez les Conseils Généraux. Leur propagande « ordinaire » tend à accréditer l'idée qu'ils s'occupent des collèges, mais aussi (et surtout) des collégiens et de la communauté éducative.

Dans la mise en place des PCA (Plans de Continuité de l'Activité), la réalité éclate au grand jour : leurs prérogatives s'arrêtent bien aux bâtiments et à leur entretien. Rien n'est prévu au delà de la gestion des TOS. Les Départements n'ont ni la compétence, ni les moyens humains ou financiers pour s'occuper  sérieusement d'une population importante et désemparée.  Aucune mesure, aucun masque pour les professeurs et les élèves qui relèvent d'une Education Nationale déjà dépassée par des difficultés qui ne sont pas encore là.

Pire encore, les collectivités découvrent (ou feignent de découvrir...) qu'elles sont toujours à la remorque de l'Etat. D'abord parce qu'elles ont un besoin vital de lui pour assurer leurs missions : comment payer agents et fournisseurs si la Pairie est fermée pour cause de grippe A ?

Ensuite parce que les différentes loi de décentralisation ne les ont pas toujours émancipées de la tutelle étatique . Dans bien des domaines, au contraire, elles sont plus que jamais des agents de l'Etat qui doivent appliquer ses directives sans sourciller. Cela est particulièrement vrai dans le cadre des pandémies. L'Etat compte sur les moyens des communes et des Départements pour résoudre des pans entiers de la crise. Les médecins des PMI départementales seront ainsi automatiquement réquisitionnés dans les prochaines semaines pour participer à l'effort de vaccination.  Tant pis si ni les élus, ni les fonctionnaires territoriaux n'ont été associés en amont  et si les ponctions humaines faites par l'Etat mettent complètement à plat le fonctionnement des collectivités !

Face à cette situation, il est inutile de préciser que les communicants territoriaux doivent faire preuve d'une (toute nouvelle) modestie. Il leur suffira d'accompagner la gène rencontrée par les usagers en leur donnant par exemple des informations  fiables et mises à jours sur les services ouverts ou non.

Pas la peine, pour une fois, de rouler les mécaniques en donnant à croire que leur institution et leurs élus maîtrisent la situation... Les usagers se rendront vite de compte que ce n'est pas vrai et c'est toute la crédibilité (et légitimité !) des services communications qu'il faudra reconstruire une fois la crise passée.

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