J’avoue avoir un peu de mal avec le récent coming-out de Roger Karoutchi.
Non pas que je sois particulièrement coincé, réac’ ou bien pire homophobe (!).
A la limite, je peux presque comprendre que distancé dans la course à l’investiture UMP, le (bien fade) ministre mette dans la balance toutes ses « spécificités », histoire de récupérer l’électorat gay, comme d’autres l’aurait fait avec le vote beur, corse ou auvergnat…
Non, vraiment ce qui me dérange dans cette affaire, c’est le virage qu’est entrain de prendre la société française.
 Jusqu’à présent nous avions érigé le respect de la vie privée en culte absolu. Peu importaient les ragots. Personne ne s’intéressait vraiment aux copines, aux copains ou aux pratiques religieuses des uns ou des autres. Avec la surexposition de la vie du Président de la République, avec internet, avec la polémique autour du fichier Edwige… on a l’impression que la notion de « jardin secret » est devenue ringarde.
Désormais, il faut dévoiler toutes les séquences de sa vie au nom d’un nouveau principe, celui de la « maison de verre ». Tout peut (et donc « doit ») être public. Si on ne veut « pas  tout dire », c’est « qu’on a des choses à cacher» et donc qu’« on est potentiellement malhonnête ».
 Le raccourci est imparable et semble devoir s’appliquer en premier lieu aux élus et à tous ceux en charge de la gestion de la Cité.
Le problème, c’est qu’il s’agit là d’un syllogisme  dangereux .
C’est dans sa caverne, dans son désert que l’homme public se ressource et innove.
C’est loin des regards qu’il imagine les solutions de demain.
A bien y réfléchir l’absolue transparence appauvrit.
Alors vivent les jardins secrets !

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