Publié par Fabrice Jobard

50-ans-fin-guerre-dalgerie-L-wcictk-copie-1.jpegLe Parlement a définitivement instauré jeudi une nouvelle "journée nationale du souvenir". Ce sera le 19 mars, date anniversaire du cessez-le-feu en Algérie. Une journée pendant laquelle un hommage sera rendu aux victimes de la guerre. Le choix de la date fait toutefois débat.

Il aura fallu 10 ans de discussion parlementaire avant d'arriver au vote des sénateurs jeudi. Mais c'est fait : il y a désormais une journée nationale du souvenir de la guerre d'Algérie. Le texte a été adopté en première lecture par 181 sénateurs de gauche contre 155 voix à la droite. Sauf si le Conseil constitutionnel retoque le texte après avoir été saisi par les élus UMP, le 19 mars sera donc dédié à "la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc".

 

La loi :

  1. La République française institue une journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. 
  2. Cette journée, ni fériée ni chômée, est fixée au 19 mars, jour anniversaire du cessez-le-feu en Algérie.

 

Le choix de la date en débat

C'est essentiellement sur cette question que la droite et la gauche se sont écharpé. Le 19 mars correspond à la signature du cessez-le-feu en 1962. Du côté de la majorité, le rapporteur socialiste Alain Néri indique que "le texte instaure un moment de recueillement pour toutes les victimes qui ont œuvré dans le respect des lois de la République".

Du côté de l'UMP, Gérard Longuet explique sur France Info que "pour le million de Français qui vivait en Afrique du Nord et pour les milliers de musulmans qui ont combattu pour le drapeau français, ce fut le jour où ils ont cessé d'être protégés par l'armée. Ils ont eu le choix entre la valise et le cercueil. Le 19 mars n'est pas une date qui fédère".

 

Rappelons qu' une journée d'hommage consacrée aux seuls «morts pour la France» pendant la guerre d'Algérie existe déjà depuis 2003. À l'époque, afin de réconcilier des mémoires fragmentées, Jacques Chirac avait choisi une date neutre, le 5 décembre, jour où il avait inauguré le mémorial consacré aux 24.000 militaires français tués pendant le conflit. Ce mémorial se trouve quai Branly, à Paris.

Un petit rappel sur le débat : cliquez ici !

Commenter cet article