Publié par Fabrice Jobard

Entretien avec Ginette Salvas, fondatrice à Montréal de l’école internationale d’étiquette et de protocole. Regards sur les bonnes manières dans le nouveau monde et outre-Atlantique.
 
Fabrice Jobard : Pouvez vous nous présenter en quelques mots votre parcours ?
Ginette Salvas : J’ai commencé par suivre une formation aux Etats Unis pour devenir « consultante en Image ». C’est ce que vous appelez le « relooking » en bon français de France ! Nous étions au début des années 1980, les femmes entraient enfin dans le monde des affaires. Nous leurs disions : pour être respectées : habillez vous comme les hommes ! C’était le début du tailleur pantalon. Quelques années plus tard, j’ai poursuivi mes études à l’école du protocole de Washington. A partir de là, j’ai monté ma propre école, ici à Montréal, consacrée à l’étiquette des affaires.
 
F.J : De quoi s’agit-il exactement ?
G .S : L’étiquette des affaires, ce n’est pas tout à fait les bonnes manières au sens où la Baronne de Rothschild l’entend ! Pour moi il faut bien distinguer la sphère familiale du monde du travail. L’étiquette sociale de l’étiquette des affaires. J’apprends souvent à mes élèves à prendre le contre-pied de que ce qu’on leur a appris. Par exemple je dis aux filles : dans les affaires n’ayez pas peur de tendre la main en premier pour saluer votre interlocuteur. Ici ce qui compte ce n’est pas d’abord les préséances liées à la politesse… mais celles liées à la hiérarchie dans l’entreprise.
 
F.J : Mais vous n’avez pas un peur de désenchanter le monde ! Que faites vous des principes de galanterie si chers à nos vieux pays ?
G.S : Je ne demande à personne d’être impoli ! Je cherche juste à promouvoir une nouvelle étiquette. Celle qui permet à chacun d’évoluer dans le dur monde des affaires, sans commettre d’impair, tout en se faisant respecter. J’essaye aussi d’apprendre à mes élèves d’être citoyens du monde. Il y a beaucoup de choses importantes qui ne s’apprennent pas dans les écoles de commerce. La remise de la carte de visite est par exemple au Japon un moment essentiel qu’il faut bien connaître, faute de quoi on peut passer à côté d’une opportunité commerciale.
 
F.J : Qui participe à vos formations ?
G.S : Il y a beaucoup de femmes qui accèdent à des situations de pouvoir et qui doivent apprendre des choses aussi basiques que… la façon d’inviter des hommes à un déjeuner d’affaires. Nous avons aussi de plus en plus de jeunes cadres et de chefs d’entreprise qui viennent chercher le petit plus qui fera la différence.
 
F.J : Pensez vous que votre formation est applicable en l’état en France ?
G.S : Franchement… je ne sais pas. En Europe vous mélangez beaucoup l’étiquette des affaires et l’étiquette sociale. Il n’y a qu’à voir sur votre blog la photo où Jacques Chirac fait le baise-main à Laura Bush… je crois que je ne l’ai jamais vu rire comme ça ! Plus sérieusement, je pense que je serais peut-être mieux placée pour apprendre aux hommes d’affaires européens comment se comporter ici, en Amérique du Nord.
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Robert Valle 13/09/2007 18:19

C'est très bien ce que dit mme Salvas, mais c'est tellement américain ! Ici les hommes sont galants avec les femmes et je pense que ce n'est pas plus mal !
Vous pronnez une égalité qui est bien triste !

Alf Jarry 04/09/2007 13:59

Merci pur cet interview qui donne envie de mieux connaitre Ginette !