Publié par Fabrice Jobard

Le Sénat a confirmé la création d'une nouvelle "journée nationale de commémoration en hommage aux victimes de l'esclavage colonial", fixée au 23 mai, parallèlement à la journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage le 10 mai. Le président de CM98 met un terme à sa grève de la faim  .

Durant l'examen du projet de loi Egalité Outre-mer, la commission des lois du Sénat avait supprimé la création de la nouvelle journée de commémoration du 23 mai, estimant difficile de "mobiliser et entretenir le devoir de mémoire autour de deux dates distinctes".Serge Romana, président du Comité Marche 98, avait alors entamé une grève de la faim pour obtenir du Sénat la réintroduction de l'article 20A.

L'indignation et la révolte de Serge Romana a été entendu. Ce mercredi soir, en séance, les sénateurs ont adopté des amendements de rétablissement. Il s'agit "d'honorer les victimes de l'esclavage le 23 mai, date de la marche silencieuse du 23 mai 1998" qui avait rassemblé environ 40.000 personnes à Paris, a souligné Serge Larcher (PS). 

La "journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition" date de 2006 et elle est fêtée chaque année le 10 mai. Ce jour correspond à l'adoption par le Parlement de la loi Taubira qui reconnait l'esclavage et la traite négrière comme crime contre l'humanité.

La "journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage colonial" a été instaurée en 2008 par une circulaire de François Fillon, alors Premier ministre. Cette date correspond à la marche silencieuse qui avait mobilisée 40 000 femmes et hommes, Antillais, réunionnais, Guyanais, Métropolitains, pour la reconnaissance, là aussi, de l'esclavage comme crime contre l'humanité. Aujourd'hui, l'association Comité Marche 98, présidé par Serge Romana, continue son action pour la réabilitation et la défense de la mémoire des victimes de l'esclavage colonial.  

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