Publié par Fabrice Jobard

COP 21 : la diplomatie du plan de table

« Accueillir au même endroit et au même moment 150 chefs d’Etat et de gouvernement (NDLR.170 couverts en tout, en comptant ONG et ministres français), c’est du jamais-vu en France ». Laurent Stéfanini, chef du protocole de l’Elysée, le reconnaît : ce déjeuner est « un événement exceptionnel ». A la fois réunion de négociations et vitrine de la France à l’étranger, il a fait l’objet d’un plan de table millimétré. L’Elysée a sorti l’argenterie Christofle et Puiforcat, dressé des nappes blanches damassées et disposé des fleurs de saison aux couleurs de la COP au centre des tables. « Ce n’est pas un déjeuner mondain mais un déjeuner de travail », affirme Laurent Stéfanini. Un seul mot d’ordre pour éviter de froisser les susceptibilités des grands de ce monde : « Plus c’est sobre, mieux on se porte ».
Pas d’Ukraine à côté de la Russie
Les « petites » tablées d’une douzaine de personnes ont été préférées pour favoriser les échanges : la table « Manuel Valls », la table « Ségolène Royal » ou encore la table « Annick Girardin », la secrétaire d’Etat au Développement. A celle de François Hollande et de Laurent Fabius (face à lui), ils seront 14 : Angela Merkel, à la gauche du chef de l’Etat, pourra converser avec Barack Obama. Ban Ki-moon (ONU), à sa droite, trinquera avec le chinois Xi Jinping s’il n’est pas occupé à refaire le monde avec son autre voisin, Vladimir Poutine. Cette table des poids lourds accueillera tous les continents, du Mexicain Enrique Peña Nieto à l’Indien Narendra Modi en passant par le Sénégalais Macky Sall. Il a fallu tenir compte « des équilibres géographiques et politiques ». Avec quelques impératifs diplomatiques : le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ne mangera pas avec le leadeur iranien. Et l’Ukrainien ne côtoiera pas le Russe.

(Avec le Parisien )

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