Publié par Fabrice Jobard

Le Protocole : un « Soft Power » méconnu

Si on regarde bien les choses, il y a deux grandes approches en matière de Protocole et de savoir-vivre.

Il y a, encore de nos jours, les bonnes manières « à la Française » et la bienséance « à l'Anglaise ».

Cela est vrai un peu partout, dans les usages de table (la mise en place « à la Française » est l'exacte opposée de l’installation « à l'Anglaise »), comme dans le Protocole d’État (chez nous la liste des préséances est plus stricte, mais… souffre de nombreuses exceptions, c'est inverse outre-Manche).

Dans le monde, il y a bien d'un côté les pays marqués par les traditions britanniques et de l'autre ceux influencés par le modèle français.

Cette partition recoupe les anciennes frontières coloniales, mais pas seulement.

Les pays sous influences américaines ont tout naturellement basculé du côté anglo-saxon, tandis que certains hésitent encore.

La Russie, la Chine et même le Moyen-Orient s'intéressent fortement à l'approche française.

Le gouvernement russe diffuse ainsi depuis peu une liste de préséances assez proche dans son esprit de celle établie en 1989 par le Préfet Gandouin… et les Chinois huppés se précipitent dans les cours de bonnes manières françaises.

Dans cette période où notre pays doute de lui, il serait peut-être utile que nos dirigeants se penchent plus largement sur la diffusion de notre culture protocolaire.

Loin d'être juste un corset aussi pénible que dépassé, ce savoir-être constitue en effet un vrai « soft power », une clé essentielle pour renforcer l'influence culturelle, politique et économique de la France.

Les élites étrangères ayant appris nos règles institutionnelles et notre savoir-vivre sont naturellement plus francophiles et plus attirées par les produits made in France.

Dépêchons-nous donc de déployer dans le monde des formations spécifiques et certifiées avant que les anglo-saxons aient complètement préempté le sujet !

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